La vie sexuelle de Tintin ? C’est vrai qu’on commençait à se poser des questions. Jan Bucquoy déniaise le plus célèbre des reporters dans une BD où, cette fois, il a vraiment vu la lune…

La Castafiore a un petit faible pour Tintin, et pas seulement pour sa houppette. Elle l’invite donc à boire un verre chez elle. Mais très vite, les choses dérapent, et voilà notre petit blondinet qui perd son pantalon de golf devant les attributs insoupçonnés de la cantatrice… C’est le genre de scènes qu’imagine Jan Bucquoy dans La Vie sexuelle de Tintin. Parue en N/B en 1993 et interdite à la vente, cette bande dessinée est ressortie en couleurs avec l’autorisation des Tribunaux. Pour l’occasion, l’iconoclaste Bruxellois détourne les candides personnages de Hergé dans des situations qui n’ont rien à envier aux scènes tournées par Sylvia Kristel. « Tout le monde y passe », on l’aura compris, il est ici question de liberté d’expression. « Bruxelles est une ville libre. Marx y a écrit son manifeste du parti communiste et Rimbaud publié Une saison en enfer », rappelle Jan Bucquoy.

La fesse cachée d’Hergé – Mais derrière ces dessins il s’agit aussi de « montrer que Tintin n’est pas aussi pur qu’on le dit ».Le sexe, « révolutionnaire par essence », est un moyen pour le dessinateur d’exprimer cette thèse. Rien d’étonnant chez cet écrivain, cinéaste, performer qui n’aime rien tant que s’attaquer à toutes les formes de pouvoir. Comme l’atteste son « Musée du Slip », qui démontre que « tous les hommes sont égaux devant le slip – que l’on soit célèbre, riche, puissant ou les trois à la fois », ou encore sa décapitation d’une statue du roi sur la Grand-Place de Bruxelles ! Aujourd’hui, c’est Hergé qui y passe. Citant Hegel il dit : « le faux est un moment du vrai, voici donc Tintin dans une vraie aventure ». Pas sûr que Spielberg l’adapte au cinéma …

 

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